Je dors super bien jusqu'au réveil, même à 4600m. Je suis rassuré en me réveillant.
Il fait très froid.
Habillement : 2 sous pull, 1 pull en polaire, 1 veste polaire épaisse, 1 doudoune en duvet, 1 collant, 1 pantalon de randonnée épais, des sous-gants en soie et des moufles de ski, 1 bonnet en cuir fourré (ouzbek), 1 écharpe en cashemire et les grosses chaussures. De la grosse artillerie donc...
Dans le sac, quasi rien, 1 gourde et les papiers, et ma lampe frontale sur le front.
A 1 heure on déjeune, crêpes + biscuit + thé. J'évite de trop manger, je ne veux pas refaire l'erreur de la veille, à savoir marcher sur une digestion difficile. Eau chaude dans les gourdes, et on part.
Exaude, le guide, ouvre la marche. Il est 1h30. On part à 5, nous 3 plus les 2 guides.
Il fait très froid.
Habillement : 2 sous pull, 1 pull en polaire, 1 veste polaire épaisse, 1 doudoune en duvet, 1 collant, 1 pantalon de randonnée épais, des sous-gants en soie et des moufles de ski, 1 bonnet en cuir fourré (ouzbek), 1 écharpe en cashemire et les grosses chaussures. De la grosse artillerie donc...
Dans le sac, quasi rien, 1 gourde et les papiers, et ma lampe frontale sur le front.
A 1 heure on déjeune, crêpes + biscuit + thé. J'évite de trop manger, je ne veux pas refaire l'erreur de la veille, à savoir marcher sur une digestion difficile. Eau chaude dans les gourdes, et on part.
Exaude, le guide, ouvre la marche. Il est 1h30. On part à 5, nous 3 plus les 2 guides.

On traverse le camp, le rythme semble plus soutenu que d'habitude. J'assume que c'est une impression, dûe au froid et au réveil.
On attaque les premiers lacets sur des grosses roches. Il fait froid, on souffle fort, les bâtons raclent la pierre.
On enchaîne, on continue d'avancer.
Durant le briefing, on nous a parlé de 6h de marche pour arriver à Stella Point et encore 3/4h pour rejoindre Uhuru pic, le sommet.
Je me concentre et mets mes pieds dans les pas du marcheur précèdent.
La nuit est totale, trouée juste par nos lampes frontales. On aperçoit, nettement plus loin, et surtout nettement plus haut des lumières similaires. Je ne sais pas vraiment si ce sont des étoiles ou des frontales. J'essaye de ne pas trop les regarder, c'est décourageant.
On continue de progresser dans le froid à un rythme supérieur à tout ce qu'on a marché jusque là.
Le souffle est toujours court, la nuit omniprésente, mais le froid reste acceptable, on va d'un bon pas.
Quand on demande au guide de ralentir, il le fait, mais uniquement pendant 50m, et il ré-accélère après....
La pente se fait plus forte, et le sol change de consistance, c'est maintenant du gravier de lave, mélangé avec du sable ou de la poussière.
Au fur et à mesure que l'on monte, un nouvel acteur apparaît : le vent glacial.
On resserre les habits, et on remonte les rares fermetures éclairs qui étaient baissées.
L'ascension continue, dans le froid et la nuit, le manque d'oxygène se fait de plus en plus sentir.
On rattrape les premiers retardataires. Le guide accélère pour les doubler. Je prends sur moi pour suivre le rythme.
La pente augmente encore. On dépasse de plus en plus de groupes, avec à chaque fois des accélérations destructrices. Il fait de plus en plus froid, et le vent ne se calme pas. La lune apparaît, elle est superbe, gibbeuse, mais je l'admire peu, je reste concentré sur les pieds du marcheur précèdent.
Pour éviter d'être trop à l'écoute de mon corps et de mes sensations, j'essaye de penser à complètement autre chose, notamment mes dernières lectures.
Ce qui me permet de ne pas m'inquiéter pour rien, on a vu que des moments d'euphories suivaient des phases de moins bien sans vraiment de raisons.
On continue de grimper et de doubler des groupes.
La première pose est bienvenue, il est 4h00. On grignote, on boit un coup. La pipette de la gourde commence à geler, mais est encore utilisable. La pause dure moins de 5 minutes. Pas vraiment de moyen de savoir ou nous en sommes. D'après Abeid, on est pas loin de la moitié, ce qui me semble invraisemblable vu l'horaire.
On repart de nouveau, droit dans la pente. Le « polé polé » que j'ai ai soumis à Exaude n'a visiblement aucun effet, il repart bille en tête.
La courte pause m'a cependant requinqué. Le froid est toujours aussi mordant, ce qui justifie la faible durée de la pause.
Pente suivante, virage, groupe suivant, on continue, les seuls moments de répits sont quand nous nous retrouvons bloqués derrières des groupes qui vont plus lentement. On se rend d'ailleurs compte qu'aller à faible allure est pire, le froid est encore plus mordant. On continue de manière presque hypnotique à grimper.
Le terrain change de nouveau, il devient instable, il faut de plus en plus "planter" les chaussures dans le gravier, à la manière des alpinistes sur la neige.
Sous l'effort supplémentaire la respiration est encore plus difficile. Et les lampes frontales plus haut semblent encore loin.
La montée est longue, pénible, fatigante.
Finalement on réclame un nouvel arrêt, après de long moments de marche, toujours ponctués de dépassements d'autres groupes, frigorifiés.
Les guides rechignent un peu, ils prétendent que Stella point n'est plus qu'a 10 minutes.
On s'arrête quand même, environ 1minute 30, pour mordre dans une barre énergétique, et ne même pas pouvoir boire, tout est gelé.
Je ne crois pas vraiment à leur version, on devrait encore avoir des heures de marche devant nous.
Mais si, 10 minutes après, à la hargne, en piochant sur les bâtons, on arrive au col de Stella point. Il est 5h30, et il fait toujours nuit noire.
Petite pause, on boit 2 gorgées dans une gourde non gelée, et nous repartons vers le sommet.
On frôle l'euphorie, mais je m'applique toujours à mettre mes pas dans ceux du guide. L'équilibre est de moins en moins sûr, on titube presque.
On arrive à 6h00 à Uhuru pic, le toit de l'Afrique. Incroyable, on a mis 4h30 depuis le bas du camp, pour arriver à 5895m, 1300 m plus haut.
Il fait un froid de canard, le soleil n'est toujours pas levé. On attend qu'un couple russe (arrivé par l'autre voie) libère la place, et on se met sous le panneau pour la photo traditionnelle. On fait tous les mêmes photos tout le temps...
On attaque les premiers lacets sur des grosses roches. Il fait froid, on souffle fort, les bâtons raclent la pierre.
On enchaîne, on continue d'avancer.
Durant le briefing, on nous a parlé de 6h de marche pour arriver à Stella Point et encore 3/4h pour rejoindre Uhuru pic, le sommet.
Je me concentre et mets mes pieds dans les pas du marcheur précèdent.
La nuit est totale, trouée juste par nos lampes frontales. On aperçoit, nettement plus loin, et surtout nettement plus haut des lumières similaires. Je ne sais pas vraiment si ce sont des étoiles ou des frontales. J'essaye de ne pas trop les regarder, c'est décourageant.
On continue de progresser dans le froid à un rythme supérieur à tout ce qu'on a marché jusque là.
Le souffle est toujours court, la nuit omniprésente, mais le froid reste acceptable, on va d'un bon pas.
Quand on demande au guide de ralentir, il le fait, mais uniquement pendant 50m, et il ré-accélère après....
La pente se fait plus forte, et le sol change de consistance, c'est maintenant du gravier de lave, mélangé avec du sable ou de la poussière.
Au fur et à mesure que l'on monte, un nouvel acteur apparaît : le vent glacial.
On resserre les habits, et on remonte les rares fermetures éclairs qui étaient baissées.
L'ascension continue, dans le froid et la nuit, le manque d'oxygène se fait de plus en plus sentir.
On rattrape les premiers retardataires. Le guide accélère pour les doubler. Je prends sur moi pour suivre le rythme.
La pente augmente encore. On dépasse de plus en plus de groupes, avec à chaque fois des accélérations destructrices. Il fait de plus en plus froid, et le vent ne se calme pas. La lune apparaît, elle est superbe, gibbeuse, mais je l'admire peu, je reste concentré sur les pieds du marcheur précèdent.
Pour éviter d'être trop à l'écoute de mon corps et de mes sensations, j'essaye de penser à complètement autre chose, notamment mes dernières lectures.
Ce qui me permet de ne pas m'inquiéter pour rien, on a vu que des moments d'euphories suivaient des phases de moins bien sans vraiment de raisons.
On continue de grimper et de doubler des groupes.
La première pose est bienvenue, il est 4h00. On grignote, on boit un coup. La pipette de la gourde commence à geler, mais est encore utilisable. La pause dure moins de 5 minutes. Pas vraiment de moyen de savoir ou nous en sommes. D'après Abeid, on est pas loin de la moitié, ce qui me semble invraisemblable vu l'horaire.
On repart de nouveau, droit dans la pente. Le « polé polé » que j'ai ai soumis à Exaude n'a visiblement aucun effet, il repart bille en tête.
La courte pause m'a cependant requinqué. Le froid est toujours aussi mordant, ce qui justifie la faible durée de la pause.
Pente suivante, virage, groupe suivant, on continue, les seuls moments de répits sont quand nous nous retrouvons bloqués derrières des groupes qui vont plus lentement. On se rend d'ailleurs compte qu'aller à faible allure est pire, le froid est encore plus mordant. On continue de manière presque hypnotique à grimper.
Le terrain change de nouveau, il devient instable, il faut de plus en plus "planter" les chaussures dans le gravier, à la manière des alpinistes sur la neige.
Sous l'effort supplémentaire la respiration est encore plus difficile. Et les lampes frontales plus haut semblent encore loin.
La montée est longue, pénible, fatigante.
Finalement on réclame un nouvel arrêt, après de long moments de marche, toujours ponctués de dépassements d'autres groupes, frigorifiés.
Les guides rechignent un peu, ils prétendent que Stella point n'est plus qu'a 10 minutes.
On s'arrête quand même, environ 1minute 30, pour mordre dans une barre énergétique, et ne même pas pouvoir boire, tout est gelé.
Je ne crois pas vraiment à leur version, on devrait encore avoir des heures de marche devant nous.
Mais si, 10 minutes après, à la hargne, en piochant sur les bâtons, on arrive au col de Stella point. Il est 5h30, et il fait toujours nuit noire.
Petite pause, on boit 2 gorgées dans une gourde non gelée, et nous repartons vers le sommet.
On frôle l'euphorie, mais je m'applique toujours à mettre mes pas dans ceux du guide. L'équilibre est de moins en moins sûr, on titube presque.
On arrive à 6h00 à Uhuru pic, le toit de l'Afrique. Incroyable, on a mis 4h30 depuis le bas du camp, pour arriver à 5895m, 1300 m plus haut.
Il fait un froid de canard, le soleil n'est toujours pas levé. On attend qu'un couple russe (arrivé par l'autre voie) libère la place, et on se met sous le panneau pour la photo traditionnelle. On fait tous les mêmes photos tout le temps...

On est parti les derniers de Barafu, et on est arrivé les premiers au sommet, on a doublé tout le camp en route.
Très grand moment de bonheur, nous sommes arrivés tous les 3 ensembles au sommet, et avec la manière !
Oui, c'était long, dur, pénible, mais quand le soleil se lève à 6h05, tous ces efforts se trouvent justifiés...
La lumière du jour sur les glaciers, le cratère, les montagnes environnantes, c'est un spectacle unique.
La vision la plus extraordinaire, c'est ce lac glacé aux pieds des glaces acérés, on dirait des icebergs qui baignent dans le mercure.
La plaine au loin est, hélas, brumeuse.
Mais le froid est toujours présent, Daniel ne réussi même plus à mettre ses gants. Quant à moi, un voile commence à obstruer mon oeil gauche. Ça m'inquiète. Dans tout ce que j'ai lu avant de partir, la seule chose à faire, si des troubles se manifestent, c'est de redescendre, ce que je dis au guide.
Les 2 autres restent un peu avec Abeid pour profiter du spectacle et prendre des photos.
Je n'ai pas passé plus de 10 minutes à 5900m.
Très grand moment de bonheur, nous sommes arrivés tous les 3 ensembles au sommet, et avec la manière !
Oui, c'était long, dur, pénible, mais quand le soleil se lève à 6h05, tous ces efforts se trouvent justifiés...
La lumière du jour sur les glaciers, le cratère, les montagnes environnantes, c'est un spectacle unique.
La vision la plus extraordinaire, c'est ce lac glacé aux pieds des glaces acérés, on dirait des icebergs qui baignent dans le mercure.
La plaine au loin est, hélas, brumeuse.
Mais le froid est toujours présent, Daniel ne réussi même plus à mettre ses gants. Quant à moi, un voile commence à obstruer mon oeil gauche. Ça m'inquiète. Dans tout ce que j'ai lu avant de partir, la seule chose à faire, si des troubles se manifestent, c'est de redescendre, ce que je dis au guide.
Les 2 autres restent un peu avec Abeid pour profiter du spectacle et prendre des photos.
Je n'ai pas passé plus de 10 minutes à 5900m.

La descente se fait comme la montée, à fond. Mais avec le soleil en plus, et ça change beaucoup de choses.
On croise les autres groupes qui continuent à monter, je préfère ma place à la leur.
La première partie est sympa, on ski sur les graviers de lave. Le soleil resplendit, je vois désormais où nous sommes passés cette nuit : une immense pente aride et désolée, qui semble avoir 1 ou 2 chemins tracés, mais qui reste surtout un immense champ déprimant de lave concassée.
On descend pendant 2h / 2h30, le guide et moi. Les rochers à l'arrivée ressemblent à la côte de granit rose bretonne.
Le mal de crâne qui est apparu durant la descente devient plus pénible. En arrivant au camp, je signe les registres et me dirige directement vers nos tentes. Le cuisinier et les porteurs me voient et me demandent comment ça s'est passé. Ils me tombent dans les bras pour me féliciter. Je suis très touché.
Je file dans ma tente et je m'affale, chaussures aux pieds, pour un court repos réparateur. Les 2 autres arrivent 20 minutes plus tard, ils ont traînés en route, essentiellement pour prendre des photos.
Il est 8h30 du matin. Le brunch sera servi à 9h30.
On croise les autres groupes qui continuent à monter, je préfère ma place à la leur.
La première partie est sympa, on ski sur les graviers de lave. Le soleil resplendit, je vois désormais où nous sommes passés cette nuit : une immense pente aride et désolée, qui semble avoir 1 ou 2 chemins tracés, mais qui reste surtout un immense champ déprimant de lave concassée.
On descend pendant 2h / 2h30, le guide et moi. Les rochers à l'arrivée ressemblent à la côte de granit rose bretonne.
Le mal de crâne qui est apparu durant la descente devient plus pénible. En arrivant au camp, je signe les registres et me dirige directement vers nos tentes. Le cuisinier et les porteurs me voient et me demandent comment ça s'est passé. Ils me tombent dans les bras pour me féliciter. Je suis très touché.
Je file dans ma tente et je m'affale, chaussures aux pieds, pour un court repos réparateur. Les 2 autres arrivent 20 minutes plus tard, ils ont traînés en route, essentiellement pour prendre des photos.
Il est 8h30 du matin. Le brunch sera servi à 9h30.
les photos de l'étape.
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