jeudi 30 octobre 2008

7eme jour : Mweka camp (3100m) - Arusha


La nuit n'a pas été froide, et on a mis peu de temps a s'endormir....
Réveil matinal à 6h30, le but étant d'aller le plus tôt possible à la Gate pour pouvoir profiter du Lodge cet après midi.
On remet nos pourboires au guide, qu'on associe à un certain nombre d'affaires de montagne.
Mes grosses chaussures partent très rapidement aux pieds d'un porteur, les divers t-shirt techniques et autres affaires font beaucoup d'heureux.
Dans l'ensemble, les guides ont du bon matériel, qu'ils récupèrent à l'étranger... Les porteurs sont moins biens lotis, mais arrivent à un niveau d'équipement "correct", grâce aux dons des touristes.

On pack pour la dernière fois, et on reprend le chemin, à travers la forêt vierge.
2h30 de ballade sur un beau chemin, propret, dans une forêt équatoriale de plus en plus dense.
On croise 2 fois des groupes de singes colobes, très beau spectacle.

On arrive à la Gate, on signe le registre et évidement, on attend le minibus pendant près d'une heure.
L'après-midi au lodge d'Arusha est la bienvenue ; on se décape sous la douche, on trempe dans la piscine, on debriefe de notre aventure et on joue au tarôt....




Et à 18h, on part pour l'aéroport, prendre le vol KLM qui va nous ramener à Genève, en passant par Dar-El-Salam et Amsterdam.

-> on vient, on grimpe et on s'en va.

mercredi 22 octobre 2008

6eme jour : Barafu Camp (4600m) - Mweka Camp (3100m)

Brunch servi à 09h30.
Plus de problèmes à l'œil, mais toujours mal de crâne intense, que je soigne à l'aide de 2 daffalgans.
Et on se rend compte qu'on a fait 1300m A/R en buvant 5 gorgées d'eau, alors que étais plutôt sur un rythme de 3 ou 4 litres pour 1000m les autres jours...

Grande fierté d'être arrivés au bout, avoir poussés nos corps à ces altitudes, et d'avoir réussis ensembles.
On repack et on repart après cette sieste et ce brunch salvateur.
3h de marche sur un beau sentier, qui nous amène au camp de la nuit, Mweka, à 3100m. On aura donc fait dans la journée +1300m et -2800m de dénivelé....

Notre préparation physique sérieuse paye, on arrive encore à apprécier le paysage après une telle journée, et une poignée d'heures de sommeil.

L'avantage du Kili, c'est qu'on n'a pas besoin d'altimètre, la végétation suffit à confirmer l'altitude, la démonstration en est encore faite sur ce chemin poussiéreux.





On arrive les permiers de Barafu à MWeka, après avoir traversé un camp intermédiaire où les groupes les plus en retard s'arrêtent. Pour nous ce sera juste un coca-cola avant de repartir. Une sorte de ré-acclimatation à la vie moderne ;-)
Les tentes sont en train d'être montées par les porteurs quand nous arrivons. On est de nouveau près d'une source d'eau (pas le cas de Barafu), on peut donc refaire une toilette sommaire.

Dernier repas à 18h30, et dernière nuit en tente, nettement plus chaude.

les photos de l'étape.

6eme jour : ascension vers Uhuru Pic (5895m)

Je dors super bien jusqu'au réveil, même à 4600m. Je suis rassuré en me réveillant.
Il fait très froid.
Habillement : 2 sous pull, 1 pull en polaire, 1 veste polaire épaisse, 1 doudoune en duvet, 1 collant, 1 pantalon de randonnée épais, des sous-gants en soie et des moufles de ski, 1 bonnet en cuir fourré (ouzbek), 1 écharpe en cashemire et les grosses chaussures. De la grosse artillerie donc...
Dans le sac, quasi rien, 1 gourde et les papiers, et ma lampe frontale sur le front.

A 1 heure on déjeune, crêpes + biscuit + thé. J'évite de trop manger, je ne veux pas refaire l'erreur de la veille, à savoir marcher sur une digestion difficile. Eau chaude dans les gourdes, et on part.
Exaude, le guide, ouvre la marche. Il est 1h30. On part à 5, nous 3 plus les 2 guides.





On traverse le camp, le rythme semble plus soutenu que d'habitude. J'assume que c'est une impression, dûe au froid et au réveil.
On attaque les premiers lacets sur des grosses roches. Il fait froid, on souffle fort, les bâtons raclent la pierre.
On enchaîne, on continue d'avancer.
Durant le briefing, on nous a parlé de 6h de marche pour arriver à Stella Point et encore 3/4h pour rejoindre Uhuru pic, le sommet.
Je me concentre et mets mes pieds dans les pas du marcheur précèdent.
La nuit est totale, trouée juste par nos lampes frontales. On aperçoit, nettement plus loin, et surtout nettement plus haut des lumières similaires. Je ne sais pas vraiment si ce sont des étoiles ou des frontales. J'essaye de ne pas trop les regarder, c'est décourageant.
On continue de progresser dans le froid à un rythme supérieur à tout ce qu'on a marché jusque là.
Le souffle est toujours court, la nuit omniprésente, mais le froid reste acceptable, on va d'un bon pas.
Quand on demande au guide de ralentir, il le fait, mais uniquement pendant 50m, et il ré-accélère après....
La pente se fait plus forte, et le sol change de consistance, c'est maintenant du gravier de lave, mélangé avec du sable ou de la poussière.
Au fur et à mesure que l'on monte, un nouvel acteur apparaît : le vent glacial.
On resserre les habits, et on remonte les rares fermetures éclairs qui étaient baissées.
L'ascension continue, dans le froid et la nuit, le manque d'oxygène se fait de plus en plus sentir.
On rattrape les premiers retardataires. Le guide accélère pour les doubler. Je prends sur moi pour suivre le rythme.
La pente augmente encore. On dépasse de plus en plus de groupes, avec à chaque fois des accélérations destructrices. Il fait de plus en plus froid, et le vent ne se calme pas. La lune apparaît, elle est superbe, gibbeuse, mais je l'admire peu, je reste concentré sur les pieds du marcheur précèdent.
Pour éviter d'être trop à l'écoute de mon corps et de mes sensations, j'essaye de penser à complètement autre chose, notamment mes dernières lectures.
Ce qui me permet de ne pas m'inquiéter pour rien, on a vu que des moments d'euphories suivaient des phases de moins bien sans vraiment de raisons.
On continue de grimper et de doubler des groupes.
La première pose est bienvenue, il est 4h00. On grignote, on boit un coup. La pipette de la gourde commence à geler, mais est encore utilisable. La pause dure moins de 5 minutes. Pas vraiment de moyen de savoir ou nous en sommes. D'après Abeid, on est pas loin de la moitié, ce qui me semble invraisemblable vu l'horaire.
On repart de nouveau, droit dans la pente. Le « polé polé » que j'ai ai soumis à Exaude n'a visiblement aucun effet, il repart bille en tête.
La courte pause m'a cependant requinqué. Le froid est toujours aussi mordant, ce qui justifie la faible durée de la pause.
Pente suivante, virage, groupe suivant, on continue, les seuls moments de répits sont quand nous nous retrouvons bloqués derrières des groupes qui vont plus lentement. On se rend d'ailleurs compte qu'aller à faible allure est pire, le froid est encore plus mordant. On continue de manière presque hypnotique à grimper.
Le terrain change de nouveau, il devient instable, il faut de plus en plus "planter" les chaussures dans le gravier, à la manière des alpinistes sur la neige.
Sous l'effort supplémentaire la respiration est encore plus difficile. Et les lampes frontales plus haut semblent encore loin.
La montée est longue, pénible, fatigante.
Finalement on réclame un nouvel arrêt, après de long moments de marche, toujours ponctués de dépassements d'autres groupes, frigorifiés.
Les guides rechignent un peu, ils prétendent que Stella point n'est plus qu'a 10 minutes.
On s'arrête quand même, environ 1minute 30, pour mordre dans une barre énergétique, et ne même pas pouvoir boire, tout est gelé.
Je ne crois pas vraiment à leur version, on devrait encore avoir des heures de marche devant nous.
Mais si, 10 minutes après, à la hargne, en piochant sur les bâtons, on arrive au col de Stella point. Il est 5h30, et il fait toujours nuit noire.
Petite pause, on boit 2 gorgées dans une gourde non gelée, et nous repartons vers le sommet.
On frôle l'euphorie, mais je m'applique toujours à mettre mes pas dans ceux du guide. L'équilibre est de moins en moins sûr, on titube presque.
On arrive à 6h00 à Uhuru pic, le toit de l'Afrique. Incroyable, on a mis 4h30 depuis le bas du camp, pour arriver à 5895m, 1300 m plus haut.
Il fait un froid de canard, le soleil n'est toujours pas levé. On attend qu'un couple russe (arrivé par l'autre voie) libère la place, et on se met sous le panneau pour la photo traditionnelle. On fait tous les mêmes photos tout le temps...





On est parti les derniers de Barafu, et on est arrivé les premiers au sommet, on a doublé tout le camp en route.
Très grand moment de bonheur, nous sommes arrivés tous les 3 ensembles au sommet, et avec la manière !

Oui, c'était long, dur, pénible, mais quand le soleil se lève à 6h05, tous ces efforts se trouvent justifiés...
La lumière du jour sur les glaciers, le cratère, les montagnes environnantes, c'est un spectacle unique.
La vision la plus extraordinaire, c'est ce lac glacé aux pieds des glaces acérés, on dirait des icebergs qui baignent dans le mercure.
La plaine au loin est, hélas, brumeuse.
Mais le froid est toujours présent, Daniel ne réussi même plus à mettre ses gants. Quant à moi, un voile commence à obstruer mon oeil gauche. Ça m'inquiète. Dans tout ce que j'ai lu avant de partir, la seule chose à faire, si des troubles se manifestent, c'est de redescendre, ce que je dis au guide.
Les 2 autres restent un peu avec Abeid pour profiter du spectacle et prendre des photos.
Je n'ai pas passé plus de 10 minutes à 5900m.





La descente se fait comme la montée, à fond. Mais avec le soleil en plus, et ça change beaucoup de choses.
On croise les autres groupes qui continuent à monter, je préfère ma place à la leur.
La première partie est sympa, on ski sur les graviers de lave. Le soleil resplendit, je vois désormais où nous sommes passés cette nuit : une immense pente aride et désolée, qui semble avoir 1 ou 2 chemins tracés, mais qui reste surtout un immense champ déprimant de lave concassée.
On descend pendant 2h / 2h30, le guide et moi. Les rochers à l'arrivée ressemblent à la côte de granit rose bretonne.

Le mal de crâne qui est apparu durant la descente devient plus pénible. En arrivant au camp, je signe les registres et me dirige directement vers nos tentes. Le cuisinier et les porteurs me voient et me demandent comment ça s'est passé. Ils me tombent dans les bras pour me féliciter. Je suis très touché.
Je file dans ma tente et je m'affale, chaussures aux pieds, pour un court repos réparateur. Les 2 autres arrivent 20 minutes plus tard, ils ont traînés en route, essentiellement pour prendre des photos.
Il est 8h30 du matin. Le brunch sera servi à 9h30.


les photos de l'étape.

6eme jour : Karanga (4000m) - Barafu Camp (46000m)

Réveil 7h30 encore une superbe journée, la vue sur le sommet est complètement dégagée, c'est simplement extraordinaire. Et encore très loin.
Petit dej avec crêpes, on prend notre temps. Départ vers 10h, après réparation de la tente (déchirure suite à un "bourrinage" d'Olivier).

Départ sous un grand soleil, vers là où nous sommes déjà passés hier soir.
C'est plus difficile, de toute évidence...
On porte nos sacs en plus, et notre organisme essaye de digérer 3 ou 4 crêpes garnies...
Mais, malgré l'impression décourageante de difficulté, on ne met pas plus de temps que la veille.
On arrive finalement au sommet de la crête, en même temps que les premiers nuages de brume, et s'ouvre devant nous un vrai paysage volcanique de haute montagne. Plus de végétation du tout, plus de faune, excepté les corbeaux à tête blanche, quelques rats improbables, et les hordes de touristes & porteurs, dont nous faisons évidement partie.
Le physique va mieux, encore une nouvelle leçon : les coups de moins-bien vont et viennent, c'est très rassurant.


Karanga Valley - Barafu Camp



Nous traversons un dernier plateau de pierres désert, nous sommes en haute montagne.
La dernière crête se fait en redoublant quelques groupes, toujours plaisant quand l'assistant guide fait ça.
Arrivé au camp Barafu, le camp de base, après 2h30 de marche polé-polé, petite étape, mais qui nous amène de nouveau à 4600m.
Les tentes ne sont pas tout à fait prêtes, alors Abeid nous conte une légende sur le Kibo & son frère Mawenzi...
Deux couples d'américains se font bronzer torse nu au dessus de nos tentes... Ils n'ont visiblement pas bien compris les danger du soleil à 4600m...

Déjeuner à base de farfalles avec une sauce à la viande. On discute quelques temps dans la tente mess, puis on retourne vers nos tentes respectives pour se reposer et lire.
Le vent souffle fort dehors, et il fait froid, les nuages réguliers de l'après-midi sont revenus à leurs places. La tente frémit sous le vent.
Je relis un livre que j'avais embarqué, qui me met dans l'ambiance froide de la nuit qui nous attend...
17h30, repas à base de riz et de côtelettes d'agneau.

Briefing de nos 2 guides: départ à 1h30 (au lieu de minuit), pour éviter les embouteillages.
Il fait froid, il faut donc s'habiller chaudement, on ne marche pas vite. Pas la peine de prendre trop d'eau, elle gèle et on ne peut pas tellement s'arrêter pour évacuer. Les sacs doivent être les plus légers possibles : papiers + argent, eau, appareil photo.
On retourne vers nos tentes, réveil prévu à minuit et demi.
Je lis encore un peu, et m'endors assez rapidement, il doit être 19h.

5eme jour : Barranco camp (3900m) - Karanga Camp (4000m)

Levé 8h, grasse matinée, l'étape est courte aujourd'hui. Petit dej dehors (crêpes et toast), dans ce cadre magnifique, déjà décrit la veille. Le soleil est déjà là, il chauffe et donne le sourire à tous.

On voit les gens qui montent le mur de Barranco en face de nous. C'est une belle falaise, qui semble assez verticale vue d'en bas.
On pack et on part.
Les glaces du kibo nous dominent de leur splendeur étincelante.

Finalement, beaucoup de groupes ont eu la même idée que nous : faire une grasse matinée et partir plus tard pour éviter la foule. Loupé, c'est l'embouteillage au départ. Porteurs, touristes et guides sont tous mélangés.
Abeid est en forme. Rapidement il prend les choses en main pour nous faire passer devant tout le monde : il force tout simplement le passage, droit dans le rocher. Les porteurs râlent un peu, les touristes (un groupe de belges) aussi, qu'importe. Nous, c'est tout droit, avec les mains pour s'aider ! J'adore quand il fait ça, et je lui dis, ce qui le booste encore plus !
Par contre je n'aimerais pas me faire passer devant comme on le fait. Mais tout ça reste très bon enfant, et je me régale à crapahuter sur les rochers. Il faut souvent s'aider des mains, et je suis très content d'avoir mes grosses chaussures qui tiennent bien le rocher, et qui restent rigides dans les fissures. Ma cheville me fait moins mal. Après une petite heure de grimpette (des fois en escalade, niveau 3 peut-être), nous arrivons au sommet du col.
La vallée en face est superbe, relativement verte. Nous dominons toujours la plaine, et nous devinons la ville de Moshi sous les nuages. C'est de là que vient Abeid, et c'est la "plus belle ville du monde" (dixit). On n'aura pas l'occasion de vérifier.


Notre étape s'arrête à Karanga Valley




Le soleil se voile un peu, et on reprend notre cheminement en descente puis à flanc de vallée. On tourne au pied du Kili.
La végétation est de nouveau présente, et donne de belles nuances teintées aux flancs gris du volcan.
Nous arrivons au camp Karanga après 3h de marche.

La montée sur le mur était super, le reste une ballade sympa, malgré la poussière qui a fait son retour après le col.

Les tentes sont déjà installées, on fait de nouveau notre toilette, et on se dirige vers la tente mess pour un thé, en attendant le déjeuner.
Celui-ci arrive quelques temps après, et pour une fois, pas de soupe, mais une vrai purée, avec une ratatouille au poulet, et des toasts au fromage.
Les 2 guides viennent ensuite discuter du programme du lendemain : pour éviter la foule, on pourrait monter directement dans la journée, c'est à dire enchaîner camp de base et ascension finale dans la foulée. Mais on louperait le lever de soleil et on aurait toutes les chances d'arriver en haut dans la brume.
Nous décidons donc de rester sur le programme initial : demain matin, on marche jusqu'au camp de base (4600m), on se repose et on commence l'ascension au milieu de la nuit. Le départ sera finalement à 1h30 du matin, au lieu des minuit prévu, pour ne pas rester bloqués au départ derrière la foule.
Depuis le camp, on voit le chemin qui va nous amener demain à 4600m, ainsi que le camp de base, qui semble perché, tel une forteresse au sommet du rige qui nous surplombe.
D'après les guides, l'étape vers ce camp de base ne fait que 2h30.
Je me sens plus fébrile cet après-midi : Est ce l'angoisse du sommet ?, un coup de chaud ? l'altitude ? trop de thé ? consommation d'eau limite potable ? fièvre dûe au froid de la nuit ? probablement un peu de tout ça...
Le camp est plein de cette fine poussière, qui s'insinue partout. Ce camp est à flanc, dans un paysage aride, ce n'est pas le plus sympa du voyage, il contraste avec celui d'hier.





Vers 17h, nous partons faire une petite ballade sur les hauteurs au dessus du camp. Environ une heure aller/retour, 200m de dénivelé sur la piste que l'on prendra demain. Nous en profitons pour faire des films et photos.
Paysage toujours semi désertique, mais baigné d'une belle lumière de fin de journée. En dessous de nous, loin, la ville de Moshi, et au dessus, les glaciers du Kibo. De nombreux cairns sont installés sur les roches, ils rivalisent d'inventivité dans les formes. Les nuages se déplacent à une vitesse impressionnante, ils remontent à toute allure le long de ces pentes arides.

Retour au camp ; on installe les chaises dehors, profitant du coucher de soleil avec vue sur la grande plaine tanzanienne et le mont Meru qui surplombe les nuages épars.
J'ai manqué tout à l'heure (avec ma caméra) un groupe chamarré de guides & porteurs qui chantaient et dansait sur la « chanson du Kili », avant de repartir vers la descente, certaines personnes de leur groupe n'ayant pas supporté l'altitude.
Quand à moi, ma fièvre / fébrilité de tout à l'heure a complètement disparue, c'est même plutôt l'euphorie.
Était ce un coup de chaud ? l'effet des 3 comprimes de coca que j'ai repris, ou juste le repos de l'après midi ?.
En tout cas on vit de nouveau des moments magiques.





Le dîner ne vas plus tarder désormais, ça tombe bien, nous commençons à avoir faim. Ce symptôme du mal de montagne, le manque d'appétit, ne nous touche pas le moins du monde, c'est bon signe.
Voila la soupe de patates, spaghettis avec une sauce à la viande, un peu moins bon que d'habitude mais bien quand même, quand on considère l'environnement.
Le point d'eau le plus proche est à 30 minutes du camp, et c'est le dernier avant 2 jours. Les pauvres porteurs doivent donc se charger de jerricanes en plus du reste...
Puis direction tentes, après avoir bu beaucoup d'eau chaude. La nuit est moins fraîche que les précédentes, malgré le gel extérieur. Deux dans la tente, ça aide aussi à maintenir la température. Beaucoup de bruits dans le camp, qui nous réveillent occasionnellement.
J'essaye de ne pas penser à l'ascension finale, les angoisses font monter le pouls, nous n'en avons pas besoin.
Digestion un peu plus difficile, mais j'assume que c'est normal à ces altitudes, on dort au dessus de 3800 depuis 4 nuits...

Les photos de l'étape.

4eme jour : Shira Caves (3850m) - Barranco camp (3900m)

Superbe journée, j'ai plutôt bien dormi (diamox ?, coca ?)
La tente est recouverte de gel, il fait encore froid, mais pas un nuage n'obscurcit le ciel.
Petit dej, plus solide que la veille, je discute même avec mes deux collègues, tellement la journée part bien, ce qui est un exploit pour moi au réveil.
Ablutions, puis on packe et on part sur un large plateau, qui monte en pente assez correcte.
Le Kibo nous domine depuis que le soleil s'est levé derrière, on goûte vraiment à sa majesté.
Le mont Meru est aussi dégagé en face, il est superbe lui aussi.
La montée se fait polé polé, à un rythme vraiment léger, très plaisant pour moi.
Pratiquement pas de poussière, contrairement à la montée d'hier, insupportable.
La marche est lente, mais comme la montée est large, on peut dépasser, il ne se crée pas d'embouteillages.
Je m'applique à mettre mes pas dans ceux de l'assistant guide, et je me sens super bien.
On rejoint la voie qui vient du camp Shira 2 (Voie Lemosho & voie Shira), qui sont nettement moins fréquentés.
On arrive au sommet de la montée, et on devine en point de mire notre objectif de la journée : Lava Tower, d'abord dans le brouillard, mais qui se dégage au fur et à mesure.
Le paysage change sensiblement : on est loin de la forêt tropicale d'il y à 2 jours, on marche désormais dans un désert d'altitude.
Seules quelques petites plantes vigoureuses réussissent à s'accrocher aux rochers, mais on devine l'hostilité du milieu.
Des cailloux de lave, tout noir, et c'est tout. D'aucuns jugeraient ces paysages lunaires.

Le chemin bifurque pour les porteurs, ils ne font pas le crochet jusqu'à Lava tower, mais se dirigent directement vers notre camp du soir.
Polé polé, on continue notre chemin vers cet immense bloc de lave qui se dresse devant nous.
On arrive finalement au pied de ce bloc après 3h30 de marche. Mais chaque effort se paye au prix fort: Daniel qui prétend être au top, se laisse distancer exprès, et essaye de nous rejoindre en courant. Il réussi évidement, mais met un temps certain à s'en remettre.
Au sommet, le temps hésite entre le brouillard et le soleil, mais finalement choisi le brouillard...
Pas grave on est au chaud sous la tente mess, qui a été montée pour nous : tous les porteurs ne prennent pas le raccourci, certains doivent accompagner les touristes pour qu'ils prennent leur repas dans des bonnes conditions. D'après le guide de toute façon, Corto Safari exige d'avoir une tente et un repas chaud plutôt qu'un pic nique...
Ce moment de culpabilité vite passé, il fait bon se retrouver au chaud bien assis.
4600m, c'est pas loin de l'altitude du sommet du Mont Blanc. Les conversations sont difficiles, on s'essouffle vite.
Après l'éternelle cuvette d'eau chaude pour se laver les mains, on nous amène une bonne grosse soupe, constitué de poulet, légumes et patates. Encore très réussi.
Olivier a un peu mal au crane, Daniel est nauséeux, mais moi ça va étonnamment bien, c'est presque l'euphorie.





On repart ensuite, pour la descente, avec gants et bonnets.
Malgré les propos du guide, on descend normalement, pas franchement polé-polé. Pas de problèmes cependant, on suit sans soucis... jusqu'à ce que je me torde la cheville, dans mes baskets basses.
On ralenti, ce qui nous permet d'apprécier le paysage de toute beauté qui s'offre à nous : une superbe vallée, pleine de végétations (fleurs immortelles, arbustes séneçons), avec un ruisseau qui coule au centre, et des parois acérés sur les bords. Le soleil nous refait des coucous, ce qui ne gâte rien. Même une petite cascade pour couronner le tout.
Paysage idyllique, utilisé par certaines agences comme photos d'illustrations pour leurs pubs.
On voit plus bas le camp Barranco, où l'on va passer la nuit. Les couleurs des tentes déjà montées au fond de cette vallée ressortent magnifiquement, et rajoutent encore à la beauté de l'ensemble.
On voit aussi en face le mur de Barranco, 200m de dénivelé, qui semble relativement raide. Ce n'est pas le cas d'après le guide, on verra bien demain.
Puis on arrive au camp, à 3900m, ou nos tentes sont déjà prêtes.
Bel effort des porteurs, la tente mess est elle aussi déjà montée (celle qu'on a utilisée pour le déjeuner à Lava tower).



Je me dirige vers le ruisseau pour y plonger ma cheville qui est toujours douloureuse. Le spectacle n'est pas glorieux : détritus, morceaux de plastiques, porteurs faisant leur lessive... Je préfère croire que l'eau qu'on boit est puisée plus en amont, le micropur qu'on utilise ne purifie pas de tout. Même l'eau bouillie n'est pas un gage de sécurité, le point d'ébullition étant aux environs de 70°...

Je trempe cependant ma cheville, mais l'eau est définitivement trop froide, j'abandonne au bout de 5 minutes, et je remonte mettre une chevillère....
Ablution, thé, popcorn et rédaction de notes en attendant le repas...
Bilan de la journée, je suis rassuré sur ma forme et mon acclimatation, mais suis désormais inquiet pour ma cheville. Je vais devoir remettre les grosses pompes qui me font toujours aussi mal aux pieds.

Repas vers 18h, soupes, pâtes bien relevées, ratatouille et émincé de boeuf froid. Beignets de banane en dessert. Toujours très bon, bien relevé et copieux.
Briefing d'avant match (courte étape demain) et direction la tente.
Nuit encore très froide, malgré mes multiples couches, je suis réveillé 1 fois ou 2 durant la nuit par l'air glacial. Ma tenue: collant + sous pull + polaire, sac en soie + sac de couchage + sur-sac... Et d'après Abeid, l'assistant, il ne fait que -3° la nuit...


mardi 21 octobre 2008

3eme jour : Machame Camp (3000m) - Shira Caves (3800m)

Réveil vers 7h par un thé dans la tente.
On replie nos sacs, on s'habille, et on nous amène de nouveau une cuvette d'eau pour la toilette matinale.
Puis petit dej, composé de crêpes, de miel et de confiture de bananes. Succulent, mais je mange peu.

Nous commençons l'ascension au départ du plateau, avec une végétation encore épaisse, quoique basse. La montée se fait sur une crête à la queue leu leu. Le monde est impressionnant, c'est une longue et lente procession. 25000 touristes par an, et on est en haute saison....
La végétation se raréfie au fur et à mesure de la montée. Les arbustes deviennent des petites plantes. La lave apparait, les lichens se font plus rares. Les bruyères se confondent avec les pierres.
Très belle journée au départ, mais le brouillard nous rattrape rapidement.
On a quand même le temps d'admirer le Kibo au loin, sa glace scintille. Nous traversons de superbes paysages, la vue est splendide sur le plateau Shira durant la montée.
Le large sentier se rétréci au fur et à mesure que l'on monte, l'entretien du chemin devient moins évident.
J'ai un coup de fatigue au deux tiers de la montée. Altitude ? pas assez mangé le matin ? trop vite la veille ? Trop vite le matin ? Trop sensible ? Je m'écoute ?
Le souffle est court, et le poul reste haut... Nous nous reposons et nous repartons vers le prochain point.
La montée est longue et laborieuse, toujours à la queue leu leu, dans le brouillard, en mangeant de la poussière...





Vers 12h30, nous arrivons à Shira Caves, dans le brouillard.
Total 4h de marche depuis Machame Camp jusqu'à Shira Caves, 800m de dénivelé environ.
Horaire conforme aux prévisions. Cette étape est la moins intéressante du trek.
Nos porteurs, qui nous ont déjà devancés, ont installé les tentes dans un endroit aussi bien choisi que la veille, un peu à l'écart, à l'abri du vent, ni trop près ni trop loin de la cabane des toilettes.

On a appris qu'il y a un staff de 17 personnes pour s'occuper de nous : 1 guide, 1 guide assistant, 1 cuisinier, et 14 porteurs (sic). Belle infrastructure.
On comprend que l'accès soit réglementé, les tanzaniens sont tous très sympas, accueillants et serviables. L'assistant guide est d'une gentillesse incroyable, et ses propos très intéressants, on apprend beaucoup de lui. Le guide, qui parle anglais, est aussi très sympa, mais plus réservé, il discute moins avec nous.

J'ai attaqué le Diamox dimanche soir, et la coca en homéopathie le matin. Pas d'effets secondaires. Ce médicament est assez controversé, car d’après certains, il masquerait les effets du mal de l’altitude… Mais selon d’autres sources, il est efficace en traitement préventif. J’ai choisi de croire dans cette hypothèse.

D'après le guide, les secrets de l'acclimatation, résident dans :
  • 1.- Boire énormément (minimum de 3L par jour)
  • 2.- bien manger
  • 3.- monter lentement (polé polé)
Évidement, une des autres clefs du succès, c'est de bien récupérer en dormant, mais certaines personnes ont du mal à dormir à ces altitudes... Ce n'est pas notre cas pour le moment !





Après un superbe déjeuner (soupe de courgettes, spaghettis trop cuits avec une vrai sauce bolognaise, fruits), il s'est mis à pleuvoir violemment.
Donc direction tente, pour essayer de dormir un peu, lire pour passer le temps et surtout pour récupérer.
Il fait froid, je me glisse dans mon sur-sac de couchage, qui ne suffit pas.

A 16h, on nous appelle pour le désormais traditionnel high tea: pop corn et cacahouètes, mais surtout ces boissons chaudes (thé, café lyophilisé) qui nous réchauffent un peu.

Il ne pleut plus, heureusement, ça durait depuis le début de l'après midi.
La lumière est belle, la vue sur Kibo splendide, de même que sur les sommets de Shira et sur le Mont Meru.





Nous ne ressortons pas faire une petite ballade digestive vers le camp Shira2, comme initialement prévu.
On ne s'en plaint pas, pas que nous soyons vraiment fatigués, mais plutôt transits de froid.
A 3850m, chaque effort un peu violent se paye cash, dû au manque d'oxygène.
On discute dans la tente mess, puis arrive le repas, soupe de carotte puis plat de riz avec côtelettes, accompagné de ratatouille. Très relevé, succulent.
On discute encore, les guides nous rejoignent pour nous briffer sur l'étape de demain.
Cette fois, c'est certain, on ira polé polé.
Ce n'est pas pour me déplaire, je ne suis pas rassuré du fait de mon coup de fatigue ou de fringale du matin.
Avant de se coucher, le ciel étoilé est splendide, de toute beauté, avec une profondeur ahurissante.
De plus, il y a des orages en plaine et sur les flancs du kili mais pas au dessus de nous. Donc ce ciel si pur crépite sous les éclairs, c'est un festival pour les yeux...
On se couche tôt. Pour moi, collant + sous pull + sac + sur sac. Ce n'est encore pas suffisant, je me réveille 2 ou 3 fois durant la nuit à cause du froid.


Les photos de l'étape.

mercredi 15 octobre 2008

2eme jour : Machame Gate (1800m) - Machame Hut (3000m)

On attend le bus de Corto safari, après notre petit-déjeuner, le bus qui n'arrive pas. L'accueil du lodge n'a pas d'instructions, ils ne savent pas quand le bus doit nous prendre en charge.

Finalement à 10h le bus arrive, on charge nos gros sacs, et on part. Dans le bus, un chauffeur qui parle français, le guide et le cuisinier, anglophones, et un ou 2 porteurs.

On s'arrête dans une petite épicerie pour faire quelques courses. Beaucoup de produits importés, très peu de marchandise typique.
Petite anecdote, notre guide, Exaude, achète du "horse power", sur les conseils d'une caissière. Sourires entendus. Visiblement les vertus du "horse power" se situent entre le redbull et le viagra.
Comme partout en Afrique, il y a plein de monde sur le bord des routes, qui marchent, qui vont en vélo, très lentement.
On aperçoit le kili dans les nuages, depuis la plaine, on devine la neige. De loin, il n'a pas l'air si impressionnant... La journée est superbe.
Arrêt à nouveau pour attendre l'assistant guide, qui parle français avec un grand sourire. En retard lui aussi, son mini bus est tombé en panne, il a du faire du stop.
On repart pour Machame Gate à 1800m. En montant, on est stoppé par un bulldozer qui est en train de refaire la piste. Il l'aplanit juste pour nous…

On doit faire la queue pour signer le registre des visiteurs au départ, on est les derniers à partir, après un groupe de belges, qu'on retrouvera tout le long du trek.
Apres un déjeuner sur l'herbe à la Gate (salade de pâtes sucrées, poulet), on part pour 4h30 de montée à travers la foret vierge, accompagnés de l'assistant guide.
Début tranquille mais chaud. Le guide calme un peu les ardeurs des 2 autres -> doucement doucement, en swahili ça donne polé polé, un mantra qu'on entendra souvent durant cette semaine.



La forêt est superbe, les arbres hauts, la végétation tropicale, ou plutôt équatoriale.
On s'arrête peu, on croise ou double beaucoup de porteurs.
Le chemin est très bien entretenu, délimité par des bordures en bois, très propret.
On chemine sur une large crête.
La végétation évolue au fur et à mesure de la montée, les arbres diminuent de taille, les mousses deviennent plus sèches.
On arrive sur des escaliers larges, ça grimpe un peu plus sur la fin.

Belle ballade de 4h30, au lieu des 6/7h prévues. Va-t-on trop vite ? On signe de nouveau le registre en arrivant, mais pas de queue à faire pour le coup.

Les tentes sont déjà installées, on met 5 minutes pour les trouver. Le camp accueille peut-être 500 personnes.
2 tentes individuelles pour nous 3, et 1 tente mess pour les repas.
Il fait tout de suite plus frais à 3000m, surtout une fois le soleil couché...

Arrivé au camp dans nos tentes, on nous apporte de l'eau chaude dans une cuvette pour nos "ablutions".
Il faut dire que tout le long du chemin, une poussière très fine est soulevée par nos pas, et s'insinue partout. L'eau est donc bienvenue pour se nettoyer.

On s'installe un peu, puis on vient nous chercher pour le thé + pop-corn dans la tente mess. On est très bien installé sur des chaises pliables Quechua, avec une table plus ou moins stable. On discute tous les trois.
Vient l'heure du repas, où l'on déguste une soupe de courge, puis un succulent mille-feuilles de viande grillée et légumes, accompagné d'une ratatouille locale et de patates bouillies. Superbe.
Puis retour tente, où l'on se blottit dans nos sacs de couchage, il fait froid. On dort relativement bien, malgré le froid. Il faudra s'habiller plus la nuit prochaine.


Les photos de l'etape.

1er jour: Geneve - Arusha

What is your name ?:
Nous, ce sont 3 collègues, 1 suisse (Olivier), 1 italien (Daniel) et 1 français (Guillaume, moi meme), qui ont abandonnés femmes et enfants pendant une semaine, pour partager cette aventure.

What is your quest ?
Projet d'ascension au Kilimanjaro (5895m), en Tanzanie, Septembre 2008.
Nous avons choisis l'agence Corto Safaris, pour s'occuper de l'organisation.
Bien que je sois secptique sur la vocation de Corto Maltese à participer à des Treks ou des Safaris, ce voyage se plaçait des le départ sous l'égide du beau marin romantique...

What is your favorite color ?
Blue, oups no, red....
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1er jour
Départ à 4h30 de Lausanne, départ vers Amsterdam depuis Genève, et long vol de jours vers Arusha, Kilimanjaro airport.
A l'arrivée à Arusha, une voiture nous attend, elle nous emmène au lodge qui est juste au bout de la piste d'atterrissage.
Très beau lodge, on mange tranquillement, et on file dormir après cette longue journée ennuyeuse.

Aucun bruit d'avion, cet aéroport ne doit pas être très fréquenté...

La video du trek