mercredi 22 octobre 2008

4eme jour : Shira Caves (3850m) - Barranco camp (3900m)

Superbe journée, j'ai plutôt bien dormi (diamox ?, coca ?)
La tente est recouverte de gel, il fait encore froid, mais pas un nuage n'obscurcit le ciel.
Petit dej, plus solide que la veille, je discute même avec mes deux collègues, tellement la journée part bien, ce qui est un exploit pour moi au réveil.
Ablutions, puis on packe et on part sur un large plateau, qui monte en pente assez correcte.
Le Kibo nous domine depuis que le soleil s'est levé derrière, on goûte vraiment à sa majesté.
Le mont Meru est aussi dégagé en face, il est superbe lui aussi.
La montée se fait polé polé, à un rythme vraiment léger, très plaisant pour moi.
Pratiquement pas de poussière, contrairement à la montée d'hier, insupportable.
La marche est lente, mais comme la montée est large, on peut dépasser, il ne se crée pas d'embouteillages.
Je m'applique à mettre mes pas dans ceux de l'assistant guide, et je me sens super bien.
On rejoint la voie qui vient du camp Shira 2 (Voie Lemosho & voie Shira), qui sont nettement moins fréquentés.
On arrive au sommet de la montée, et on devine en point de mire notre objectif de la journée : Lava Tower, d'abord dans le brouillard, mais qui se dégage au fur et à mesure.
Le paysage change sensiblement : on est loin de la forêt tropicale d'il y à 2 jours, on marche désormais dans un désert d'altitude.
Seules quelques petites plantes vigoureuses réussissent à s'accrocher aux rochers, mais on devine l'hostilité du milieu.
Des cailloux de lave, tout noir, et c'est tout. D'aucuns jugeraient ces paysages lunaires.

Le chemin bifurque pour les porteurs, ils ne font pas le crochet jusqu'à Lava tower, mais se dirigent directement vers notre camp du soir.
Polé polé, on continue notre chemin vers cet immense bloc de lave qui se dresse devant nous.
On arrive finalement au pied de ce bloc après 3h30 de marche. Mais chaque effort se paye au prix fort: Daniel qui prétend être au top, se laisse distancer exprès, et essaye de nous rejoindre en courant. Il réussi évidement, mais met un temps certain à s'en remettre.
Au sommet, le temps hésite entre le brouillard et le soleil, mais finalement choisi le brouillard...
Pas grave on est au chaud sous la tente mess, qui a été montée pour nous : tous les porteurs ne prennent pas le raccourci, certains doivent accompagner les touristes pour qu'ils prennent leur repas dans des bonnes conditions. D'après le guide de toute façon, Corto Safari exige d'avoir une tente et un repas chaud plutôt qu'un pic nique...
Ce moment de culpabilité vite passé, il fait bon se retrouver au chaud bien assis.
4600m, c'est pas loin de l'altitude du sommet du Mont Blanc. Les conversations sont difficiles, on s'essouffle vite.
Après l'éternelle cuvette d'eau chaude pour se laver les mains, on nous amène une bonne grosse soupe, constitué de poulet, légumes et patates. Encore très réussi.
Olivier a un peu mal au crane, Daniel est nauséeux, mais moi ça va étonnamment bien, c'est presque l'euphorie.





On repart ensuite, pour la descente, avec gants et bonnets.
Malgré les propos du guide, on descend normalement, pas franchement polé-polé. Pas de problèmes cependant, on suit sans soucis... jusqu'à ce que je me torde la cheville, dans mes baskets basses.
On ralenti, ce qui nous permet d'apprécier le paysage de toute beauté qui s'offre à nous : une superbe vallée, pleine de végétations (fleurs immortelles, arbustes séneçons), avec un ruisseau qui coule au centre, et des parois acérés sur les bords. Le soleil nous refait des coucous, ce qui ne gâte rien. Même une petite cascade pour couronner le tout.
Paysage idyllique, utilisé par certaines agences comme photos d'illustrations pour leurs pubs.
On voit plus bas le camp Barranco, où l'on va passer la nuit. Les couleurs des tentes déjà montées au fond de cette vallée ressortent magnifiquement, et rajoutent encore à la beauté de l'ensemble.
On voit aussi en face le mur de Barranco, 200m de dénivelé, qui semble relativement raide. Ce n'est pas le cas d'après le guide, on verra bien demain.
Puis on arrive au camp, à 3900m, ou nos tentes sont déjà prêtes.
Bel effort des porteurs, la tente mess est elle aussi déjà montée (celle qu'on a utilisée pour le déjeuner à Lava tower).



Je me dirige vers le ruisseau pour y plonger ma cheville qui est toujours douloureuse. Le spectacle n'est pas glorieux : détritus, morceaux de plastiques, porteurs faisant leur lessive... Je préfère croire que l'eau qu'on boit est puisée plus en amont, le micropur qu'on utilise ne purifie pas de tout. Même l'eau bouillie n'est pas un gage de sécurité, le point d'ébullition étant aux environs de 70°...

Je trempe cependant ma cheville, mais l'eau est définitivement trop froide, j'abandonne au bout de 5 minutes, et je remonte mettre une chevillère....
Ablution, thé, popcorn et rédaction de notes en attendant le repas...
Bilan de la journée, je suis rassuré sur ma forme et mon acclimatation, mais suis désormais inquiet pour ma cheville. Je vais devoir remettre les grosses pompes qui me font toujours aussi mal aux pieds.

Repas vers 18h, soupes, pâtes bien relevées, ratatouille et émincé de boeuf froid. Beignets de banane en dessert. Toujours très bon, bien relevé et copieux.
Briefing d'avant match (courte étape demain) et direction la tente.
Nuit encore très froide, malgré mes multiples couches, je suis réveillé 1 fois ou 2 durant la nuit par l'air glacial. Ma tenue: collant + sous pull + polaire, sac en soie + sac de couchage + sur-sac... Et d'après Abeid, l'assistant, il ne fait que -3° la nuit...


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